Résumé: "De retour du delta du Nil, Touthmôsis II s’effondre dans la clameur du peuple de Thèbes… Pharaon est mort, manifestement mordu par une vipère. Alors qu’une lutte souterraine s’engage pour l’accession au trône, le juge Amerotkê est sommé par la reine Hatchepsout de faire la lumière sur les nombreuses incohérences de l’affaire. Mais bientôt, une inquiétante série de viols de sépulture a lieu dans la cité des Morts… Se pourrait-il que ces effractions soient liées au trépas de Pharaon ? Le juge, armé de sa remarquable sagacité et flanqué de son espiègle page Shoufoy, va devoir pénétrer au plus profond des pyramides de Sakkara pour s’en assurer… Rites funèbres et vapeurs d’encens nous immergent au cœur de l’Égypte ancienne, pour la première et machiavélique enquête du juge Amerotkê."
Avis: Un livre acheté d’occasion dans une brocante portant l’inscription suivante " Ce livre vous a été offert par votre libraire. Ne peut être vendu" …
Il s’agit ici de mon premier roman du genre. Fuyant depuis longtemps les écrits de Christian Jacque et compagnie pour une raison que j’ignore moi même, c’est avec une certaine appréhension que j’ai plongé dans ce livre.
L’histoire en elle-même est plutôt commune: pillage de tombes, complot contre pharaon etc. Cependant, la présence de la Reine et future pharaonne Hatchepsout attirait l’attention. Cette femme qui fut autrefois souveraine d’Égypte fait partie de mes protagonistes historiques préférés. Une des figures féministes les plus emblématiques de l’époque.
Alors parlons du personnages principal: le juge Amerotkê.
Peu définit physiquement, si vous connaissez assez les parures et vêtements d’époque vous avez une chance de vous imaginer la figure de cet homme. Cependant, si l’on se fie à l’histoire qui développe le caractère de notre enquêteur, on a l’impression d’avoir à faire à deux personnages distincts: le premier, le cliché de l’homme mal dans ses sandales de papyrus, qui rumine incessamment sur l’infidélité possible de sa femme et sur l’importance de son jugement à chaque procès; le second, un enquêteur sportif, déterminé, doué avec un potentiel guerrier qui sort d’on ne sait où…
Bref, je ne sais pas si l’auteur à voulu montrer un personnages qui a ses forces et ses faiblesses mais la césure entre les passages de plaintes et les passage de combat est telle qu’on a faire à deux Amerotkê grossièrement différents.
D’ailleurs, en parlant de césure, l’auteur s’est amusé à créer des ellipses temporelles qui font plutôt office de crevasse que de pont entre deux chapitres. Je n’ai rien contre les ellipses longues ou répétitives mais ici, elles sont mal placés. Une ellipse peu servir à surprendre, à faire passer un moment inintéressant, à créer du suspens etc. Or là on a l’impression que Paul Doherty s’est dit: "oh mince, ça va faire au moins un chapitre complet tout ça, un chapitre long à écrire, tant pis, passons directement à la scène de guerre!"… Et hop, notre bon juge qui buvait du vin se retrouve tout à coup dans un char en direction des lignes ennemies en ayant bien sur clamé fièrement qu’il irait à la bataille, lui qui a du mal à grimper les marches d’un temple sans suer.
Essayons de basculer vers le positif ^^;;
Tout d’abord, un "coupable", un vrai, un bon coupable qui nous réserve quelques surprises. Ses raisons étaient à deviner mais elles n’étaient pas les plus évidentes dans l’affaire sans compter que les suspects ne manquaient pas.
Un autre point intéressant: la reine. Bien développée, elle se livre à nous tout en gardant une part de mystère. Une aura royale qui est bien transcrite et qui impressionne le lecteur. On assiste à l’ascension au trône de cette dernière avec surprise, amusement et drame.
Le nain Shoufoy mérite le détour, c’est un personnage atypique de par son caractère et très attachant.
Enfin, l’écriture fluide et sans lourdeur qui permet de passer un bon moment.
Conclusion: à lire si on veut se reposer…
NB: Un grand bravo à personne qui a voulu dramatiser la couverture avec la peinture d’une femme morte=) aucune femme n’a été tuée…
WordPress:
J’aime chargement…